La question est la suivante : la liberté d’expression est t’elle moins forte que la liberté d’entreprendre et de faire des affaires ? C’est la question que soulève Lotus F1 Team et surtout son propriétaire Genii Capital dans son action en coulisse contre son responsable du marketing, brand et communication, Stéphane Samson.
Tout débute par un tweet. Le 7 Février 2014, le compte officiel de Lotus F1 Team a publié ce qui va devenir le « tweet non autorisé ». Une photo de deux hommes s’embrassant et le message : « Avant la cérémonie d’ouverture, nous tenons à souhaiter à tous les athlètes un succès pour les Jeux Olympiques d’Hiver 2014. Puis plus tard un hachtag LotusAntiGay une tendance dans le monde entier. Il a été (aussi) supprimé quelques instants plus tard après plusieurs retweet et des excuses ont suivi. Les avocats des propriétaires luxembourgeois estiment que c’est une attente à la réputation et aux finances de leur client.
Dans les faits, la haute direction de Lotus est devenue de plus en plus frustrés par l’approche de Samson (les lapins de l’été 2013 souvenir souvenir). L’ancien journaliste est soupçonné également d’avoir fermé le site Lotus F1 et qu’il voulait le rôle de chef d’équipe en remplacement d’Eric Boullier.
Tout ceci est naturellement du point de vue Genii Capital. Car du côté de Stéphane Samson l’ambiance est tout bien différente. Après avoir rendu l’équipe attractive depuis 2011, la réalité est qu’il n’y avait pas que Kimi Raikkonen qui n’a pas touché son salaire 2013, Samson aussi n’a rien touché depuis Mars 2013, vivant de promesses et accusant plusieurs centaines de milliers de francs suisses de factures impayés. Il a pourtant continué de faire son travail à la manière d’un bénévole d’une association, dans l’attente des jours meilleurs qui étaient sans cesse annoncé (l’affaire Infiniti/Quantum, promesses sponsors etc…).
Sachant que la meilleure défense est l’attaque, Genii Capital a décidé d’anticiper les attaques prochaines de son ancien responsable marketing et communication. Toutefois, nous ne sommes pas vraiment sûr qu’un tweet soit aussi fort en terme d’atteinte à la réputation et aux finances de la société luxembourgeoise que les rumeurs répétées dans les médias F1 (depuis 2010) et la perte de crédibilité suite à l’affaire Quantum…
Auparavant, Lotus faisait parler d’elle pour son esprit, aujourd’hui elle fait parler d’elle dans les chroniques judiciaires. Comme une star de téléréalité.